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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 09:39

La restauration du Puits de Moïse (3) : folie, sérénité, technique, beauté

 

 

Folie

 

Ne fallait-il pas être un peu fou pour croire que méditer et prier dans une cellule, un cloître et une chapelle permettait d’être bien placé lors du Jugement dernier ?

A la chartreuse de Champmol les fous relevant de la psychiatrie avaient fini par remplacer  les chartreux, fous en religion. Mis à part le Puits de Moïse, le portail de la chapelle et quelques restes mineurs des bâtiments médiévaux, toute la chartreuse avait été abandonnée puis démolie pendant et après la Révolution pour être remplacée dans les années 1840 par un hôpital psychiatrique, justement dit « de la Chartreuse ». A Dijon et pour plaisanter, on dit encore aujourd’hui d’une personne qui tient des propos peu sensés qu’elle devrait aller à la Chartreuse, comme à Charenton ou Ville-Evrard pour un parisien, ou à Pinel pour un Amiénois…

Edicule

Le fou qui s’avançait vers le Puits de Moïse, en ce joli mois de mai 2002, avait un saladier retourné sur la tête. Du moins me l’étais-je imaginé quand je le vis, de loin, se diriger vers l’édicule à l’intérieur duquel je me trouvais, en plein travail. Il marchait lentement, d’une démarche bizarre, légèrement saccadée. Mais il s’agissait d’un malade et non d’un fou à l’ancienne, puisqu’on sait maintenant que dans les mots les fous ont disparu, remplacés d’abord par des aliénés, puis par des malades mentaux que la société et tant de professionnels dévoués essayent de soigner au mieux.

De nulles en hiver les visites touristiques du Puits étaient encore rares en ce début de belle saison, à peine quelques visiteurs du monde entier par jour. La plupart ne savait pas qu’une restauration était en cours, qu’il ne serait pas possible de voir correctement les célèbres sculptures. Ces curieux et moi échangions quelques mots, j’expliquais la situation dans mon  faible anglais, mon allemand hésitant, mon italien peu fluide, en espérant que le visiteur venu du monde entier comprenne une de ces langues. Puis le visiteur venu du monde entier repartait, déçu. Sa déception était à la hauteur de sa fatigue, immense, quand on connait la longueur du chemin (alors obligatoirement pédestre) et sa monotonie pour arriver au Puits de Moïse à partir du centre de Dijon, ou même de la gare.

Le visiteur n’allait pas attendre quelques mois à Dijon la fin de la restauration, malgré la réputation gastronomique du lieu. Il aurait sans doute bien voulu, mais il avait quand même autre chose à faire.

Revenons à notre porteur de saladier qui était, lui, un habitué des lieux, cela se voyait. Il s’approchait peu à peu de l’édicule et je finis par distinguer qu’il n’avait sur la tête ni un saladier, ni un entonnoir (signes distinctifs des fous dans l’imagerie populaire), mais un simple casque porteur d’électrodes. Celles-ci étaient encore fixées au casque, et donnaient au malade une allure d’extra-terrestre, de martien à l’ancienne.

La porte de l’édicule était ouverte (il commençait à faire chaud) et la conversation s’engagea avec sa première question, qu’il posa sans même dire bonjour et sur un ton agressif :

  • Ça sert à quoi tout ça ? me demanda t-il brutalement en désignant les sculptures.
  • Les sculptures sont abîmées, sales, je les répare, je les nettoie, répondis-je simplement , peu à l’aise face à son attitude et croyant qu’il parlait de la restauration.

Il insista en désignant les sculptures des prophètes, on était du côté de Zacharie, Daniel et Isaïe :

  • Non, non, pas ton travail ! ça sert à quoi tout ça, les types qu’il y a là ? Là, les deux barbus, le chauve ?

Décontenancé, je bredouillais quelques mots sur la beauté et son utilité, les capacités exceptionnelles de certains artistes… Mais il n’avait rien à faire de mon discours. Avec le temps, je me suis dit qu’il aurait sans doute préféré entendre les mots d’un poète, plutôt que des banalités qu’on peut lire dans des bouquins de vulgarisation d’histoire de l’art ou de philosophie. Le malade au saladier m’avait de toute façon à peine écouté, il était reparti trop vite vers son destin rempli de son étrange imaginaire.

Quant à moi, fort troublé, je me pose encore la question, non résolue : finalement, à quoi ça sert tout ça ? Je sais que certains, celles et ceux qui ont réponse à tout, se font forts d’avoir justement des réponses. Je n’en ai jamais été vraiment satisfait.

Sérénité

Les travaux avaient donc repris sur ce chef-d’œuvre après les péripéties des deux années précédentes. J’avais fini par comprendre la raison de la différence de prix entre ma concurrente et moi, lors de l’appel d’offres. C’est cette différence et le fait d’avoir été choisi qui avaient été à l’origine de gros problèmes avec un membre du comité scientifique (voir articles précédents). Là où j’avais estimé la durée d’utilisation du laser à 15 jours, ma malheureuse concurrente peu sûre d'elle l’avait de son côté estimée à 50 jours, soit 35 jours d’écart…  Quand on sait que le prix de location journalière d’une machine est en moyenne celui du prix d’une journée de restaurateur, cela nous donne en tout l’équivalent de 70 jours d’écart ; cela représentait une économie d’argent public d’environ 30.000 euros, à qualité équivalente de prestataires concurrents ! Il n’était donc pas étonnant qu’on m’ait choisi. J’étais sûr de moi, étant donné l’investissement personnel que j’avais eu vis-à-vis de cette technique du laser de nettoyage (voir article précédent) : recherches, publications, enseignements, expériences de terrain… investissement que ma concurrente n’avait pas fait de son côté. Mon budget allait d’ailleurs se tenir, sans enrichissement ni appauvrissement abusif.

 

Deux ans s’étaient écoulés après le début de l’opération, je connaissais maintenant très bien l’œuvre. Ses qualités artistiques m’impressionnaient encore (et m’impressionnent toujours). J’avais eu le temps d’approcher à fond sa matérialité et d’avoir compris l’état dans lequel elle se trouvait. J’étais donc serein. Comme en médecine, poser le bon diagnostic en conservation-restauration est le plus important. Il s’agit après, pour le « soigneur » médecin ou conservateur-restaurateur, de mettre en œuvre les remèdes à l’aide des techniques et produits à sa disposition, suivant un protocole sérieux. Pourvu qu’on en ait les moyens, restaurer une œuvre d’art insigne comme la plus modeste oeuvre d'une petite église de campagne demande le même soin, un peu comme une sinusite ou un cancer se soignent de la même façon pour un RMIste que pour un ministre.

 

Etat et techniques de restauration

 

Très brève histoire matérielle du monument

Construit, sculpté et peint entre 1395 et 1405, le monument est intégralement en pierre calcaire, de différentes natures suivant leurs destinations : pierre fine d’Asnières-les-Dijon pour la sculpture, pierre de Tonnerre pour la pile architecturée, pierre de Raines pour le soubassement et le tour du puits. La peinture de Jean Malouel est à l’huile de noix (sans compter les décors appliqués), les pigments, l'utilisation d'or sont classiques pour les œuvres peintes de cette époque.

Les comptes des ducs de Bourgogne nous avaient appris qu’une protection provisoire, charpente et toile cirée,  avait déjà été placée au-dessus du monument dès ses premières années d’existence. Peu solide et donc peu efficace, elle fut réparée plusieurs fois puis remplacée par l’édicule actuel, construit en 1648. Lui-même  ne fut pas bien entretenu, du moins pas assez pour qu’on soit contraint peu de temps avant la Révolution de déposer les sculptures supérieures (en en jetant des fragments au fond du puits !). Ce sont les sculptures figurant la Crucifixion : le Christ en croix, la Vierge, saint Jean, Marie-Madeleine, dont on n’a conservé que quelques très petits restes (visibles au musée archéologique de Dijon).

Il n’y avait rien ou presque entre le Puits et le grand carré constitué par les cellules des moines : un simple terrain herbeux allait servir de cimetière aux moines défunts, une fois leur vie de méditation achevée. On distingue d’ailleurs des croix sur un plan ancien.

 

Les chartreux quittèrent définitivement l’abbaye à la Révolution. Les sculptures furent  restaurées en 1842 par François Jouffroy, sculpteur académique connu en son temps, qui fit de remarquables reconstitutions. Très ponctuelles (le monument n’était finalement que peu abîmé) ces petites interventions ne détruisirent en rien l’original, tout en les complétant heureusement. Par contre, la peinture de Malouel avait pratiquement disparu sous les intempéries, et ce qui restait n’était guère visible sous la crasse. De loin, la sculpture paraissait comme non peinte. On ne fit donc en 1842 aucune campagne de mise en couleurs de type néogothique (c'était d'ailleurs un peu tôt). Un badigeon d’harmonisation assez léger fut appliqué, plus jutage que couche et de couleur ocre.

Depuis, aucune intervention d’importance n’eut lieu.  

En 2002 le monument était très sale (mis à part la face de David, restaurée en 1999). Si la pierre était parfois altérée, ce n’était que superficiellement et très localement. Quelques rares éléments reconstitués par Jouffroy étaient cassés ou mutilés : colonnettes, phylactère de Jérémie.

 

A propos de quelques techniques de restauration

Pour n’importe quelle restauration les produits et techniques proposés ainsi que leur protocole de mise en œuvre sont présentés dans le dossier technique exigé par le cahier des charges. Les traitements sont le plus souvent d’une effroyable banalité, car si toute œuvre d’art est unique, les types d’altérations ne sont pas légion. Les traitements se ressemblent donc souvent, et s’il est facile d’en connaitre la teneur (ainsi par un non-restaurateur), il l’est moins de les mettre en œuvre correctement. En résumé, la main est tout aussi importante que le choix d’un bon outil ou d’un bon produit. On pourrait même ajouter qu’une main consciente manipulant un outil (ou utilisant un produit) aux capacités limitées sera sans doute préférable à une main ignorante utilisant le bon outil (ou produit).

Le nettoyage de nos sculptures, qui demanda de loin la plus grande part du travail de restauration, nécessita l’emploi de plusieurs techniques. La nature des dépôts d’encrassement était variable, entre de simples poussières dans les zones les plus protégées et une réelle  couche indurée, noire de pollution ayant interagi avec la pierre en cas de disparition de la polychromie, protectrice de l’épiderme sculpté (même si ce n’est évidemment pas son but premier).

Pour le dégagement du vert (symbolisant l’herbe) sous les pieds de Moïse, il fallut employer le scalpel sous loupe, dans des conditions très inconfortables, et à une vitesse très lente en raison de la délicatesse du travail (réalisé par Clara Stagni) : minimum une journée pour une surface équivalente à un format A4. (il reste encore un témoin d'encrassement sur la photo).

Pour de simples dépôts sur les grandes plages sculptées des prophètes, de simples « compresses » suffirent, à base d’éther de cellulose, d’argile fibreuse (attapulgite) et de produit actif dissous dans l’eau, légèrement basique. Le rinçage doit être particulièrement soigneux.

Pour les zones où la crasse s’était indurée, et en absence de pigments sensibles à la lumière du laser, cette technique de « désincrustation photonique » fut utilisée. J’avais choisi le laser NdYAg à 4 fibres (laser LAMA), qui pouvait véhiculer le rayon sur une dizaine de mètres à partir de la station fixe où il était produit jusqu’au pistolet de sortie. Cette grande souplesse me permit  de respecter le temps prévu (Frédéric Rouchet participa à ce travail important).

Beaucoup de non-restaurateurs (conservateurs, architectes…) disent qu’il ne faut pas utiliser ce type de laser infra-rouge en présence de polychromie. C’est évidemment faux, car tout dépend du type de pigment présent (et/ou de liant). Si par exemple le vermillon et tout pigment au plomb noircissent ou grisent au premier impact, il n’en est pas de même pour les ocres, le vert comme la malachite ou les bleus tels que le lapis ou l’azurite, à faible énergie. Que ce soit dans la littérature ou par observation personnelle suite à de nombreuses expériences en laboratoire ou sur le terrain, je savais qu’on pouvait donc utiliser sans danger cette technique, pourvu que ce soit en toute connaissance de cause. Ce fut le cas à Champmol pour la robe de Jérémie. D’un beau vert à l’origine, elle était devenue grise, recouverte d’un jus de restauration sans épaisseur qui avait mal vieilli.

Ici le scalpel sous loupe était inopérant de même que les compresses, le microgommage était destructeur, et seul le laser (à faible énergie) put faire réapparaître, même très partiellement, la couleur d’origine et redonner avec cette couleur un peu crue l’aspect coloré particulier qu’avait cette sculpture.  Face aux autres personnages on a pu dire que Jérémie était une représentation du duc Philippe le Hardi en savant (avec le livre comme attribut), sa sculpture étant de loin la plus réaliste, plus humaine que les autres, hiératiques ou trop fortement expressives.

 

Touche finale de beauté

Le phylactère de Jérémie (moderne) fut remonté et  complété (ici en cours de retouche),

Une colonnette fut replacée, une autre refaite,

 

Le nettoyage se finissait

Il ne restait plus qu’à parfaire le travail avec la « retouche », terme issu du jargon des restaurateurs signifiant retouche de couleur, comblement coloré de lacunes suite à la disparition partielle ou totale de la couche picturale. Un terme plus précis, à la fois complet et adapté est celui de « réintégration », c’est-à-dire l’ensemble des opérations (dont la retouche) qui permettent de redonner visuellement une certaine intégrité à l’œuvre, sans pour cela tomber dans l’illusion du mythe du retour à l’original.

Les techniques de la retouche varient suivant les cas, les supports, l’ancienneté des œuvres… On ne retouche pas une peinture de chevalet classique comme une fresque médiévale, un primitif sur panneau de bois comme une sculpture égyptienne.

Pour le Puits de Moïse, comme souvent pour les œuvres médiévales ou antiques, c’est un parti « archéologique » qui fut adopté en assurant seulement une certaine continuité lors de la présence de petites lacunes.

Le matériau de retouche fut d’ailleurs ici très léger : pigments stables liées par de la résine dont on connait la parfaite réversibilité. La technique d’application est proche de l’aquarelle.  Je fus accompagné pour ce travail par l’excellente restauratrice de peinture Frédérique Maurier, au geste sûr et à la retouche délicate.

 

Retour à la  folie

 

La restauration touchait à sa fin. Cela faisait près de trois ans qu’elle avait commencé, et plus de dix que les premières études avaient été lancées. J’avais passé de nombreux mois auprès de ces imposantes sculptures,  des anges qui les surmontent  et qui font l’admiration de tous. Chacune d’entre elle est  œuvre unique et peut se suffire à elle-même, tout en étant la partie indissociable d’un tout. Je les connaissais par cœur, évidemment, le moindre de leurs recoins m’était devenu familier, ce qui est encore le cas aujourd’hui.  

C’était en fin d’après-midi, le soleil baissait. Je faisais des va-et-vient entre l’édicule et mon véhicule pour dégager peu à peu le monument de mon matériel.  Je me dirigeais une fois de plus vers les sculptures quand j’entendis une musique inhabituelle, précisément un chœur d’hommes. J’avais pris l’habitude de mettre de la musique enregistrée pour m’accompagner dans mon travail, mais mon lecteur de CD était déjà dans la voiture ! Nous étions dans un lieu avant tout religieux, j’avais écouté quantité de psaumes, motets, messes et autres, Passions aussi bien sûr, vu le lieu. Mais ce que j’entendais là, ce chœur d’hommes, je ne l’avais pas dans ma collection.

Plus je m’approchais, plus la musique était nette. Je reconnus alors les « quatre petites prières de saint François d'Assise » de Francis Poulenc, que j’avais entendues longtemps auparavant et que j’espérais chanter à nouveau dans un chœur, le jour où je reprendrais le chant. Ce sont quatre petites pièces pour trois voix d’hommes (parfois dédoublées), basse, baryton, ténor. Elles sont remarquables d’intensité et de douceur.

Interloqué, je rentrai dans l’édicule. La musique se finissait,  une voix grave sortit alors de la sculpture représentant Zacharie (le prophète vécut au Vème s. avant J.-C.) :

  • N’aie pas peur, Jean mon fils d’adoption, au prénom si bien choisi par tes parents !  Je sais que ton saint patron est Jean le Baptiste le fils de mon homonyme, Jean au destin merveilleux et tragique à la fois. Nous sommes heureux d’être à nouveau dégagés de tout ce matériel qui nous encombrait depuis tant de temps, et surtout d’être propres, et beaux !  Cela nous a donné envie de chanter. Il est vrai que nous aurions aimé retrouver nos habits de magnificence, mais ne gâchons pas notre plaisir : nos corps de pierre et de couleur pour qui ton équipe et toi ont tant travaillé  respirent tellement mieux, dégagés qu’ils sont aussi de cette épouvantable crasse charbonnée qui venait des locomotives à vapeur de la gare. C’est heureusement fini, avec l’électrisation des voies de chemin de fer.
  •  ??? !!! ???
  • Oui, tu es sans doute étonné que nous chantions une musique du XXème siècle, nous qui avons vécu il y a entre 2500 et 3000 ans, et dont les corps de pierre peinte ont été créés il y a 6 siècles ! Mais n’oublie pas que nous sommes prophètes, que nous prévoyons l’avenir et que nous connaissons déjà les musiques de ton temps (tout n’est pas toujours très bon, d’ailleurs). Notre musique t’a plu, visiblement, nous allons faire un bis, œcuménique cette fois.

Je n’avais pas sorti un mot de ma gorge assez nouée. Je n’étais pas étonné  qu’ils parlent de locomotives, ou même qu'ils chantent. Mais du Poulenc ! Ils entamèrent alors un Bogoroditse Devo, le Je vous salue Marie orthodoxe, composé par Rachmaninov et adapté pour voix d’hommes. Zacharie et Moïse étaient basses, Daniel et David barytons, Isaïe et Jérémie ténors. Que c’était beau ! Mais qu’Isaïe puisse être ténor, c’est cela qui me surprenait le plus ! Zacharie reprit la parole :

  • Tu es sans voix, Jean mon fils, cela ne t’aurait-il donc pas plu ?

Je réussis enfin à sortir quelques mots :

  • Si, bien sûr, c’était très beau. Cela me redonne encore plus envie de chanter. Mais j’ai une question qui me brûle les lèvres : pourquoi donc me parlez-vous seulement maintenant , pourquoi ce petit concert, et pour moi tout seul ? Cela fait tellement longtemps que je m’occupe de vous ! Et puis, musicalement, j’ai l’impression d’une richesse d’harmoniques particulière, inhabituelle, celle qu’on entend parfois dans la musique spectrale.

Ce fut Daniel qui me répondit, de sa douce voix de baryton :

  • Nous sommes assez timides et avons finalement décidé entre nous de ne chanter que pour toi. Tu sauras garder le secret. D’ailleurs, essaye de raconter cela à quiconque, personne ne te croira et on t’enfermera sans doute, au moins par camisole chimique comme pour ton ami au saladier. Tu n’auras pas à faire beaucoup de chemin à faire pour une prise en charge hospitalière immédiate vu tous les psychiatres qu’il y a autour de nous. Quant aux harmoniques, bravo, tu as une bonne oreille ! En fait, ce sont nos chers petits anges, juste au dessus de nous, qui les produisent de leurs très belles voix, si légères, quasi immatérielles…

 

Vraiment, la restauration d’œuvres d’art offre de ces surprises !

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commentaires

F
En attendant de pouvoir chanter à nouveau, tu pourrais écrire un bouquin, non ?<br /> En plus, tu n'aurais besoin de personne pour l'illustration !<br /> Merci pour ce délicieux moment passé chez les fous.
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